I - La semaine
Cette dernière semaine, j'ai finit ce que j'appellerais "un travail de bourrin". Sur le chantier nous avons finit le toit de l'école. Voir le résultat achevé d'un travail qu'on a réalisé de ses mains est toujours une grande satisfaction... surtout si on a monté 400 blocs de béton de 2 étages pour cela.

II - La fin de semaine (jusau'à mardi)
Dès le samedi matin je suis reparti dans les bus guatémaltèques en direction du Nord. Mon objectif était d'entrer au Belize le dimanche. J'ai donc essayé de voyager avec autant de simplicité que Le Petit Prince, dont je viens de terminer l'histoire. J'ai ciblé au hasard une ville pas trop petite entre La Antigua et la frontière du Belize, puis j'ai demandé aux gens où je pouvais trouver un bus qui m’emmènerais là bas. Je suis donc arrivé à Flores samedi soir. J'aime bien arriver dans un nouvel endroit de nuit, parce qu'au petit matin on le découvre comme si on y avait été transporté dans ses rêves... et quelle belle surprise que de découvrir ce matin là, que mes rêves m'avaient déposés sur une île de 300 mètres de diamètre sur le lac Peten Itza, simplement reliée à la terre par un grand pont. Pendant quelques instants, je me suis cru en Bretagne.
Sans m'attarder, je suis parti à midi pour la frontière Ouest du Belize... un pays très méconnu, mais magnifique.

Le Belize est donc peu connu et pour cause, il compte à peine 400 000 habitants à sa surface (soit moins d'un quart de l'agglomération Lyonnaise)! Le tout avec une densité de population 7 fois inférieure à celle de la France et du Guatemala (13 habitants/km2, ce qui laisse de la place libre). Ces terres se trouvent entre le Mexique, le Guatemala, et la mer des caraïbes.

Ce qui rend le Belize magique, c'est son immense diversité culturelle. On y trouve beaucoup de gens d'origine guatémaltèque, des blacks descendants d'anciens esclaves (les Garifunas, qui ont des dreads dans les cheveux et écoutent du reggae), des Mayas (qui ne sont pas seulement une civilisation ancienne), mais aussi énormément de Créoles, une minorité d'européens d'origine Espagnole ou Anglaise... et pour finir je n'oublie pas les chinois, qui représentent seulement 1% de la population du Belize, mais grâce auxquels plus de la moitié des restaurants du pays sont des restaurant chinois.
Oui, que de diversité au milieu de ce tout petit monde... et ajoutons à cela que chaque culture a sa propre langue! La langue officielle du Belize est l'anglais, mais la langue la plus parlée est le Spanglish. Je ne veux pas dire qu'ils utilisent une phrase en Espagnol et la suivante en Anglais, je parle ici d'un profond mélange. Le mieux est d’illustrer le Spanglish avec un exemple: après notre repas au snack du coin, le serveur nous a demandé "¿Anything más?".
Je vais juste prendre le temps de préciser pour mes deux frères qui ne sont pas doués en langues: cette phrase est le mélange de "Anything more?" en Anglais et "¿Algo más?" en Espagnol.

Autre nouveauté, je n'ai vu à Belize City aucune grande enseigne de restaurant américain (comme McDonald, KFC, Pizza Hut et autres), alors que toutes les autres grandes villes d'Amérique centrale en étaient pleines. Cela rendait le pays encore plus unique et "authentique".

Quand au Guatemala, je parlais de ce projet de voyage au Belize, ils me disaient tous "Tu sais Baptiste... le Belize était une région du Guatemala avant." Mais quand je suis arrivé au Belize on m'a expliqué que la réalité est toute autre: lorsque le Belize était une colonie Britannique, les Anglais ont passé un accord avec le Guatemala pour leur laisser un accès à la mer. Mais une fois que le Belize est devenu indépendant, cet accord passé sans l'avis des Beliziens n'avait plus lieu d'être. Certaines frontières ont encore étés contestées et débattues récemment. Pourquoi est-ce si instable? Parce que l'indépendance est encore très proche. Les autres pays d’Amérique centrale ont obtenu leur indépendance vis à vis de l'Espagne en 1821, alors que le Belize n'est indépendant du Royaume-Uni que depuis 1981!!
Il reste une trace forte de cette occupation: la monnaie du pays est le "Dollard Belizien", et la face de la reine d'Angleterre est encore imprimée sur chaque billet.

J'ai tellement adoré ce pays que j'en oubliais de vous dire ce que j'y ai fait... eh bien une petite visite d'un site d'anciens temples Mayas, et quelques baignades et promenades pleines de rencontres. J'ai résidé deux nuits au Benque Viejo, petite ville de 8000 âmes au bord d'une magnifique rivière où l'on peut jouer, se baigner, sauter, pêcher, faire des ricochets, faire du bateau, ou laver son linge.

J'ai quitté ce matin le Belize avec une énorme frustration, ainsi que j'avait quitté le Guatemala. Je suis passé trop vite.
Plus on connait de beaux endroits et de personnes nouvelles, et plus on a conscience de tout ce qu'on ne verras jamais, et de toutes ces personnes qu'on aura jamais le temps de rencontrer.
Je repense par exemple que je suis passé 4 fois par la capitale du Guatemala dans avoir eu le temps de me promener dans le centre, et que j'ai traversé le Belize de bas en haut sans avoir parlé avec des gens de culture Maya ou Garifuna.

Il me reste 4 jours pour remonter jusqu'à Guadalajara. Ce sera l'occasion d'un dernier article sur ce petit périple.