Pendant mes rencontres en voyage, je ramène souvent la conversation autour de deux idées qui -selon moi- révolutionnent les voyages et les rencontres entre étrangers.
1- L’Espéranto
2- Couchsurfing
N'ayant pas utilisé l’Espéranto pour ce voyage, je vais vous parler de Couchsurfing. C'est un site web qui met en relation des voyageurs, et des personnes qui ont un matelas de libre dans leur maison. Ce site offre une toute autre manière de voyager: premièrement il permet de trouver un hébergement gratuit (pour et limiter grandement les dépenses), mais il permet surtout de voyager en ayant la certitude qu'on va rencontrer une personne qui va nous parler de sa ville et de sa région!

Je l'avais utilisé la première fois en décembre pour recevoir un Argentin dans ma maison à Guadalajara. Je l'ai ensuite pleinement mit à profit pour mon voyage de retour du Guatemala. Au Belize j'ai passé mes deux nuits chez Emily, une Américaine qui est volontaire au Belize pendant deux ans pour un travail de sensibilisation à différentes thématiques avec des enfants. Lundi, elle a pris du temps libre sur son travail pour me faire découvrir sa petite ville, ainsi que les ruines Mayas de Xunantunich, jusqu'à dîner avec ses amis.

Le mardi j'ai pris le bus "DIRECT EXPRESS BELIZE" qui s'est arrêté une vingtaine de fois pour laisser monter du monde, et est arrivé en 3 heures à Belize City. De là je suis ensuite monté dans le "NON STOP CHETUMAL" qui m'a emmené à Chetumal au Mexique en 3 heures, en s'arrêtant dans une petite dizaine de villes sur le chemin.

A Chetumal j'ai raté mon bus suivant de 10 minutes. Cela m'a empêché d'aller voir une autre couch-surfeuse à Ciudad del Carmen, et m'a donné 12 heures à tuer dans cette ville. Tout ce que j'ai trouvé à faire a été de marcher des heures sur la côte atlantique puis de prendre une douche dans un club fitness. Le lendemain à Ciudad del Carmen, j'avais de nouveau quelques heures à perdre avant mon prochain bus, je me suis donc fait ami avec un SDF qui avait l'air de bien connaitre la Ville. En fait ce type a bien une maison, mais je le vois comme un SDF parce qu'une maladie qui lui paralyse petit à petit le bras l'a empêché de garder son travail; les soins sont trop cher pour lui. Il ne peut donc plus payer son loyer. Il m'a montré dans l'océan un coin où on voit les ailerons des dauphins sortir de l'eau, ainsi que le pont de la route 180, un pont sur la mer qui fait plus de 4 kilomètres!

A midi j'ai filé à Coatzacoalcos. Et là vous vous dites comme moi que les noms des villes dans le Sud ne son pas les plus évidents... je sais. Beaucoup des noms de villes sont des traduction en Espagnol des dialectes des anciennes civilisations locales. Cependant, avant que les colons Espagnols n'arrivent, les indigènes utilisaient des pictogrammes. La retranscription de leurs phrases avec notre alphabet donne donc des noms plutôt bizarres, comme celui-ci. Comment je sais tout ça? C'est le couch-surfeur de Coatzacoalcos qui me l'a appris. Tocani est une sorte de loup solitaire de 25 ans qui n'a ni verres ni assiettes dans sa maison, mais c'est aussi un puits de science sur l'histoire et l'économie de sa région, depuis la civilisation Olmèque jusqu'à la manière dont le pétrole génère actuellement des emplois aux alentours. Le mardi soir nous avions prévu d'aller à son cours d’aïkido (qui a malheureusement été annulé), alors le lendemain pour se rattraper nous sommes allés nous baigner dans l'océan à 6 heures, avant qu'il ne commence le travail. Avec lui je me suis senti comme avec un ami de longue date.
La fin fut brève, j'ai filé à Puebla, une magnifique ville que j'ai visitée en 2 heures. J'y ai trouvé un bus direct pour Guadalajara.

Ainsi je suis remonté par la côte Est en 4 jours, avec en moyenne de 10 heures de bus par tranche de 24 heures. Les choses ont évolué petit à petit tout au long du voyage:
-la couleur de peau des gens s'est éclaircie,
-les prix des taxis ont augmenté,
-l'herbe verte du Sud est encore jaune à Guadalajara,
-et les bus ont évolué aussi peu a peu. Je suis parti avec les bus du Guatemala à moteur bruyant, musique typique, et 6 personnes en largeur sur la banquette. Mon dernier bus de nuit (le plus au Nord) avait seulement 3 places en largeur, siège inclinable à 160 degrés, rafraîchissement et sandwich donnés à la montée, toilettes pour homme et toilettes pour dames, projection de films, et wifi à bord !! Evidemment, le prix n'était plus le même...

Ils vont me manquer ces bus du Guatemala... avec leur ambiance, leur musique, le "bus helper" qui crie la destination, les passagers près à discuter de tout en attendant d'arriver, et les vendeurs ambulants qui arrivent à refiler tout et n'importequoi... comme celui qui nous a vanté pendant 15 minutes des vertus de sa pastille anti-diarrhée, ou celui qui nous a parlé de toutes les surfaces sur lesquelles pouvaient écrire son fameux stylo-bille noir et son fameux stylo-bille bleu.

Fin de la promenade. Les photos arriveront dans moins d'une semaine, et le prochain article dans environ un mois.
Bien-sûr je ne vous ai pas tout dit, et vous le savez bien. Une raison évidente est que j’aurais dû prendre un second mois de vacances si je voulais tout vous décrire, et vous de même pour me lire. Mais aussi... si je me fais tout le voyage et qu'à la fin vous en savez autant que moi sur l'Amérique centrale... ce ne serait pas juste. Non?