J'ai beau être plutôt bien intégré maintenant, il y aura toujours de quoi s'étonner dans ce pays. Après quelques articles engagés, je peux donc vous décrire de nouveaux quelques-unes des habitudes encrées dans l'inconscient collectif Mexicain.

Pour faire la transition avec mon article précédent, nous allons commencer par le premier Avril : "El dia de los inocentes". Eh bien ici il a lieu le 28 décembre; et on ne crie pas "Poisson d'Avriiiiiiiiiiiil!", mais "Feliz dia de los inocenteeeees!". A part ça le principe est le même: quelques milliers de personnes qui font des grosses blagues et quelques millions qui se font avoir.
D'ailleurs je vous remercie pour vos commentaires. C'est la première foi que je faisais un poisson. Normalement c'est toujours le 2 Avril que j'ai des idées, allez savoir pourquoi... Enfin, tout ça pour dire que si vous étiez encore entrain de croire que mon dernier article était vrai, vous pouvez arrêter maintenant.

L'anecdote de la semaine, c'est quand j'ai croisé un de mes profs du semestre passé.
-Oh quel miracle! T'es encore là toi?
-Euh.. oui. Je suis ici pour un an.
-Ah oui! je me souviens maintenant. J'ai vu ton mail aussi par rapport à la publication des résultats.
-Ah? Enfin... maintenant c'est bon, j'ai eu les résultats. (note personnelle: on est 4 mois après la fin du semestre passé)
-Mais tu sais, le problème c'est que tu as rempli les QCM avec un stylo, et pas avec un crayon papier comme tous les autres, donc j'ai pas pu effacer pour te rajouter des points.
Et voilà, Je le sentais! J'ai eu 90/100 de moyenne dans presque toutes les matières, mais je crois que si j'étais pas allé en cours je serais pas passé très en dessous de 89. Arg ces profs... comment je fais pour savoir si je suis compétent maintenant?

Heureusement ils ne sont pas tous comme ça. Mon prof préféré est mon professeur d'intelligence Artificielle. Il dit que le gouvernement commence à peine à penser à l'importance de l'éducation pour le développement du Pays. Qu'avant il misait plus sur le pétrole est autres ressources naturelles (et il restait, d'autre part, à se soucier de la sécurité). Cependant, l'énergie du futur se trouve maintenant dans le savoir, une ressource qui ne pourra pas se tarir mais que se développer.
Je crois également que le savoir, en plus d'être une grande force économique, est ce qui pourra sauver ce pays, car la culture est un des meilleurs moyens de prévention à la violence. En Europe et aux États-Unis on paye très cher une personne expérimentée, et ce dans tous les domaines. Au Mexique on ne peut plus être embauché après 35 ou 40 ans. C'est quelque-chose que j'ai encore du mal à comprendre. Les employeurs semblent plus intéressés par l'insouciance et la force de la jeunesse, que par l'expérience et la maturité. La seule chance pour ceux qui perdent leur emploi après 35 ans, c'est de créer leur entreprise. C'est exactement ce que fait le père de Linda en ce moment.


Bon, oublions les études et la ville le temps d'un Week End, et comme dit Kent, allons à la campagne!

Le silence de la campagne, c'est magique. Alors oui, en France c'est pareil, c'est calme, les gens se connaissent tous, on a l'impression d'avoir le temps pour tout faire, d'ailleurs on a pas grand chose à faire... mais au Mexique, c'est d'autant plus reposant que les villes sont beaucoup plus bruyantes. Les Tapatíos (c'est à dire les habitants de Guadalajara) sont habitués à vivre dans le bruit, se reposer dans le bruit, et même dormir dans le bruit en toutes circonstances. Il ne leur vient donc pas à l'esprit de stopper la musique pour que puisse dormir leur colocataire Européen. Mais bon, avec le temps ils s'adaptent, et moi aussi. Dons sommes donc allés en fin de semaine à Atotonilco, chez la grand mère de Linda.
-C'est quoi le nom du village où on est déjà? (lui ai-je demandé 5 fois)
Petit pueblo parfait pour se reposer, faire le point sur beaucoup de choses, et découvrir une autre partie du Mexique. La grand mère de Linda habite en face de l'école et vend des bonbons aux enfants lorsqu'ils finissent la classe. Elle a 90 ans et elle est presque en pleine forme. Elle a eu 11 enfants. Une grande famille de "weros". C'est à dire ceux qui ont une couleur de peau plus européenne que Mexicaine. Lorsque nous prenions le dîner au "comedor" du village, une femme entre.
-Bonjour Madame
-Bonjour, tu es Linda?
-Oui...
-Je viens de passer voir ta grand mère, elle m'a dit que tu étais là. Eh bien je me présente: suis ta tante.
Ah oui, elle a une très, très grande famille...
Tant que j'y pense, la Campagne Mexicaine a d'autres petits bonus: les churros y sont vendus un par un! En France on les a par paquets de douze ou rien, alors quand on est seul on doit renoncer.

Mais après le repos au village, retour à la ville, la vraie, où chaque ruelle pourrait s'appeler Avenue, et où chacun crie plus fort que le vendeur d'à côté pour qu'on sache ce qu'il vend.
Devant chez moi la rue a été refaite, plus de bosses ni de nids de poule. Inconvénient: les voitures passent deux fois plus vite qu'avant. Avantage: La maison tremble moins quand les bus passent dans la rue.  (un peu moins).
En février je vous avais déjà parlé un peu de ma maison, mais pas de tous les habitants! Dans l'album photo correspondant, vous verrez que je partage l'habitation non seulement avec 4 joyeux Mexicains, mais aussi avec des amis à poils, à écailles, à plumes, et même à carapace. 

Ce samedi nous avons fêté l'anniversaire de Fernando. À la fin de la fête, en pleine nuit, un ami leur a proposé d'aller à la plage, à 4 heures de route de Guadalajara. Seulement, ils ont eu un accident à mi chemin. Pour éviter tout cliché, je précise que le conducteur n'avait pas bu et qu'ils avaient tous leur ceinture. Fernando (chambre à droite de la mienne) s'en tire avec une minerve, mais Jessica (chambre à gauche) a dû être opérée pour une nécrose aux intestins et une fracture.
Nous ne sommes malheureusement plus le premier Avril. Jessica a encore une semaine à passer à l'hopital, mais ne devrait garder aucune lésion à long terme.

Autre mauvaise nouvelle: samedi nous avons dit au-revoir à Jonas, avec qui j'ai vécu 5 mois mois Calle Jesus.
Son avion a décollé aujourd'hui. Adios l'Allemand. Petit pincement. Ça m'évoque déjà mon propre départ.

Pour le mot de la fin, j'ai proposé à mon Luis (chambre d'en dessous) de s'exprimer. Voici donc son petit message:

El hombre solo recurre a la verdad cuando anda corto de mentiras.
Si cada uno de nosotros ayudara a alguien cada dia, seria un mundo humanitaro.

L'homme a recours à la vérité seulement quand il est à court de mensonges.
Si chacun de nous aidait une personne chaque jour, ce monde serait humanitaire.