Plus que 30 jours avant mon retour, et j'ai encore plein de choses à découvrir, et tout autant à vous raconter.

1- Quelques niouz personnelles.

C'est vrai, ça fait un bon moment que je ne vous avais pas tenu au courant de comment je vais; mais je vais me ratrapper.
Après quelques semaines "à vide" pour raisons sentimentales, je vis de nouveau à fond. Je suis exactement à un mois de mon décollage pour la France, et il me reste encore pas mal de choses à faire ici. Mes cours sont presques terminés, je vais donc mettre à profit le temps qui reste pour apprendre à cuisiner, à danser la salsa (grâce au Banco de tiempo), et peut-être monter le plus hauts volcans du Mexique!

2-Une asso d'éduc pop au Mexique
Quand je suis revenu du Guatemala en janvier, j'avais encore envie d'engagement, mais surtout envie de quelque chose qui ressemble à une expérience professionnelle. Mon visa d'étudiant ne me donne pas le droit de travailler au Mexique, et les petits boulots au black, en plus d'être inintéressants ils ne rapportent rien. ...comme faire des pizzas pendant 5 heures pour 5€ par jour. Donc tout m'amenait vers un travail bénévole. Un contact m'a parlé d'une association appelée Acortar Distancias ("Raccourcir les distantes"), un centre éducatif dans un quartier pauvre de la ville. Quand je leur ai dit que je me proposais pour leur donner un coup de main bénévolement chaque semaine, ils nont pas dit non.

J'avais fait en sorte de ne pas avoir de cours les vendredis. J'ai donc commencé à me rendre là bas tous les vendredis. Dans l'après-midi, ma mission était de remplir un document de contacts à partir de cartes de visites. Ce document permettra à l'association de transmettre des adresses de services médicaux ou autres à ceux qui en auront besoin.
Et en début de soirée, je participais à l'atelier sportif avec les garçons 8-10 ans. "Waah, tu t'appelles Batista, comme le catcheur!!". Une foi les présentations faites, on passait 2 heures à faire du foot où du basket.
Certes, on est très loin de la pédagogie ACE / MRJC / JOC; mais malgré la volonté, elle ne serait peut-être pas appliquable au public de ce quartier.

Notre gros problème au MRJC c'est qu'on arrive pas à toucher les populations les plus démunies, les jeunes qui auraient le plus besoin de nos séjours à bas prix et nos formations citoyennes. À Acortar Distancias ils y arrivent! En plus du sport et des jeux, ils organisent également des "ateliers de valeurs", avec des discussions sur le rôle du respect, de la sincèrité, ou encore l'estime de soi. Et il n'y en a pas que pour les enfants; les parents ont également accès à des formations casi gratuites sur l'éducation, mais aussi la gestion d'une maison (pour les mères) et le bricolage (pour les pères).
AC est selon moi l'exemple typique de projet qui change le monde: par la PRÉVENTION. Un lieu d'éducation et de ressources pour tous, où les enfants ne trouvent rien pour nourrir de mauvaises intentions. AC, c'est une réponse de fond à la pauvreté et aux conduites violentes, grâce au développement de valeurs et de certaines capacitées, qui permettront à chaque personne de se surpasser dans ses moments difficiles.

Lire le résumé d'activités d'une association comme celle-ci, c'est un déferlement de bonnes nouvelles. Si on disait à la fin du JT de 20h ce que les familles ont accompli dans ce lieu pendant l'année, toutes les mauvaises nouvelles seraient absorbées. Qui aurait cru que faire jouer des enfants c'est lutter contre la violence?

Malgré mon admiration pour ce genre d'initiative, j'y suis resté à peine trois mois. Certains enfants de l'atelier de sport étaient très difficiles, et je ne suis pas habitué à ce genre de public. Et pour ce qui est de mon activité de l'après-midi, remplir ce document excell était certes très utile, mais franchement barbant.
De toute manière, je remercie grandement tous les membres d'AC qui m'ont permis de vivre cette expérience.


Dans mon prochain article, je vous présenterais la vision des Mexicains sur la France.
En attendant, je continue à remplir l'album Guadalajara de photos illustrant le décalage culturel. Comme aurait dit Obélix s'il était à ma place, ils sont fous ces Mexicains.