Nous y voilà. Mon dernier jour à Guadalajara s'achève. Mais avant de vous parler de mes impressions de ces derniers instants, je dois vous racontrer mon petit voyage sur le toit du Mexique.

I - 5000 mètres
Une envie de grimper sur un volcan m'a pris il y a quelques semaines, puis rapidement je me suis dit "et pourquoi pas la montagne la plus haute du pays tant qu'à faire?". J'ai donc commencé des recherches sur le Pic d'Orizaba, dont le sommet atteint 5700 mètres. (à 100 mètres près selon si on regarde des sources officielles ou si on demande à un petit vieux tout fier d'habiter au pied du volcan). Pendant des recherches je suis tombé sur Ricardo au travers d'un commentaire sur un groupe facebook. Coup de chance: il habite près du pic et a très envie d'essayer une nouvelle foi de le monter. Je me suis donc rendu chez lui la semaine dernière...

Vendredi, je suis arrivé à Huatusco à 6h après un voyage de nuit de 12 heures depuis Guadalajara. Le temps d'acheter quelques bouteilles d'eau et à grignoter, et nous avons pris à 3 la petite route qui mène au volcan, en évitant les chiens qui traversent, les ânes, les poules, les enfants qui vont à l'école, et les enfants qui ne vont pas à l'école. Un chemin de terre permet de monter jusqu'à un refuge situé à 4200m d'altitude. Nous nous sommes arrêtés une heure à 3400m puis à 3800m pour nous acclimater, tandis que le paysage se faisait plus magnifique à chaque mètre parcouru. Une foi au refuge, un léger mal de tête nous a confirmé que nous étions en altitude. A cet instant, nous avions que nous étions les trois hommes les plus haut du Mexique! La journée s'est terminée par une petite marche pour repérer le chemin et mieux s'acclimater au manque d'air. Un orage menaçait d'arriver l'après-midi suivant, il fallait alors nous lever très tôt le samedi pour redescendre avant midi.

Le samedi réveil à 1h du matin, Ricardo n'avait toujours pas pu dormir à cause de la nuit glaciale et se sentait mal. Par ailleurs, son frère supporte mal l'altitude et savait qu'il n'était pas capable d'aller plus haut que le refuge. Je suis donc parti seul en direction du sommet avec mes petits pains achetés à la boulangerie, mes 2 litres d'eau, les vêtements les plus chauds que des amis avaient pu me prêter, une lampe torche scotchée au casque à vélo sur ma tête, deux piolets, et un sifflet pour faire du bruit en cas de problème. Une magnifique pleine lune m'éclairait le paysage, si bien que je n'ai finalement pas utilisé la lampe. Je suis monté extrêmement lentement. Le manque d'air le me permettait pas d'aller vite, et le froid ne me permettait pas de m'arrêter plus de deux minutes, car il reprenait vite ses droits sur mes doigts et mes orteils. Tout ce passait bien lorsque des nuages sont arrivés vers 5h30 et m'ont envoyé recouvert de neige. Il a suffit d'une minute pour que tout soit blanc. Ni mes chaussures ni mes crampons à glace n'étaient plus capables d'accrocher sur les grands rochers lisses recouverts de neige. J'étais alors très près de la zone de neiges éternelles, mais continuer avec ces rochers tant glissants aurait été prendre de gros risques. J'ai pris le chemin du retour, et suis arrivé au refuge tandis que le soleil se levait.
Je ne suis donc pas arrivé au sommet, mais j'ai pu atteindre mon objectif principal: dépasser le Mont Blanc!

Le temps de redescendre en voiture, échanger nos photos avec mes compagnons, manger quelques tacos, et j'avais déjà pris un bus pour Guadalajara. Les incroyables photos de cette ascension arrivent très bientôt.
[Edition le 06/07/2011: les photos sont en ligne. Cherchez dans la colonne de droite l'album "Orizaba".]

II - Départ
Je vais donc partir. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est pas un évènement joyeux de laisser le Mexique derrière soi. J'y ai vraiment rencontré des amis exceptionnels.

Je vais partir alors que je suis dans MA ville! et j'ai presque envie de dire dans mon pays. Les gens me demandent leur chemin et je leur répond. Quand les gens me demandent où j'ai voyagé, ils me répondent "mince, tu connais mieux le Mexique que moi!". Certains ne remarquent même plus que je suis un étranger.

Ça le fait pas. J'ai déjà 3 fêtes de prévues la semaine prochaine en France plus bien sûr le rassemblement national du MRJC. Mais avant de penser à ces nouveaux projet et cette nouvelle ambiance, je pense surtout que ça fait très moche de laisser tous ces amis, qui étaient excessivement présents pour moi toute cette dernière semaine. Ils m'ont fait comprendre que je leur manquerai, j'ai essayé de leur dire aussi.

J'essayerai dans les semaines qui viennent de rédiger un article de conclusion à cette expérience. Le but de l'exercice ne sera pas de résumer toute une année d'une vie (impossible), mais d'essayer de voir si un voyage comme celui-ci change une personne.

Sur ce, je vous dit à bientôt en vrai! à bientôt en face, à bientôt de vive voix!
(et au-revoir aux mexicains qui suivaient ce blog)

Bapt