Bonne année à tous très chers lecteurs!

Je suis encore un peu fatigué, la nuit dernière j'ai essayé toutes les positions... mais rien à faire. Je ne dors pas bien quand je suis dans un bus. Je vous écris maintenant d'un hôtel où je dormirais bien à Guatemala (la capitale du Guatemala) pour 70 Quetzales la nuit. C'est marrant la monnaie ici... 1€ = 10Q, et il y a des billets de 1 Quetzale ... vous imagineriez des billets de 10 centimes d'euro ?
Mais revenons au commencement du périple si vous le voulez bien...

Je suis donc parti de Guadalajara mercredi 29 dans la nuit, passé par Mexico City (où la grande nappe de pollution n'est pas qu'une légende), puis descendu à Oaxaca (capitale de l'état de Oaxaca dans le Sud du pays) pour y passer la journée suivante. Après une promenade dans les alentours de cette ville qui est la plus belle de celles que j'ai vu de ces 6 derniers mois, j'ai acheté un billet de bus de nuit pour Tapachula (capitale de l'état du Chiapas au sud sud sud du pays). C'est seulement quand un ami m'a dit "alors tu va passer le réveillon dans le bus!?" que j'ai réalisé qu'on était le 31 décembre. Les jours s'oublient en voyageant.

Le débit ici ne me permet pas encore d'ajouter des photos, mais je ferais bientôt un nouvel album avec tout ce que j'ai vu! Je parle notamment de la magnificence d'un site d'anciens temples mayas, mais aussi d'un arbre tellement gros que ne n'ai pas assez d'oncles et tantes pour faire le tour du tronc si ils se donnaient la main, et bien-sûr du centre magnifique de Oaxaca avec son immense marché! Le marché couvert est très agréable, si on omet bien-sûr le fait que le temps que je mange (en environ 20 minutes) on m'a proposé onze fois d'acheter un peigne en bois, une fois un CD de musique, une fois un panier en osier, treize fois un marque-page en bois, et enfin un "attrape petit(e) copain(e)", qui est un petit objet en plastique qui se colle sur le doigt d'une personne et dont on ne peut pas se défaire.

En attendant les photos reprenons le récit. Le bus de Oaxaca est parti à 19 heures le samedi pour me laisser à Tapachula à 8 heures du matin le premier janvier. Ainsi ce sons bien 12 heures de route qui ont été faites presque sans pause! Mais ce n'est pas un problème parce que les bus mexicains sont d'un autre confort que nos vieux cars:
-des sièges qui s'inclinent avec un grand angle pour pouvoir dormir,
-un fouille au détecteur de métaux avant de monter,
-un passage de tout le monde devant une caméra pour garder une preuve du fait qu'on était tous montés avant le décollage,
-des toilettes dans le bus,
-et des films ennuyeux à l’écran.
Cependant, pas une seule voix n'a crié "bonne année" dans le bus à minuit. C'est triste :(

Lorsque le soleil s'est levé en arrivant ce matin a Tapachula, j'ai vu vert. Tout était d'un vert éclatant!, alors que le reste du Mexique est tout jaune et sec comme il n'y a plus de pluie depuis 3 mois. Comme il n'y avait pas grand chose à faire dans les parage un jour férié, j'ai filé à la frontière avec un taxi (30 kilomètres), que j'ai passé sans trop d'encombres, et me voici donc au Guatemala. Malgré la date, j'ai trouvé au bord d'une route un bus pour la Capitale, qui m'a amené en 6 heures là où je suis maintenant.
Le Guatemala, je dirais que c'est un peu toutes les spécificités du Mexique, mais en pire:
-Les prix sont encore plus bas,
-Il y a plus de déchets au bord des routes,
-Il y a plus de pauvreté,
-Et ce sont encore plus des bargeots sur la route!
Cependant je peux rassurer tout de suite Etienne, dans ce pays il n'est pas interdit de boire une bière dans la rue.

Ce qu'il y a de bien en voyageant seul, c'est que chaque fois qu'on ouvre la bouche on fait une nouvelle rencontre et on apprend une nouvelle histoire. Voici pour finir l'article mes 4 meilleures rencontres sur ces 2 derniers jours:
1- Voici un exemple qui rappelle que le monde est petit, "encore un" me direz vous. Aux ruines Mayas de Oaxaca, je commençais à parler avec un jeune couple, et il s'avérait que le jeune homme est français et qu'il voyageait avec sa copine Mexicaine. Mais ce n'est pas finit, car ils vivent eux aussi à Guadalajara à l'autre bout du pays! Mais ce n'est pas finit, car ils vivent près de ma maison! Mais ce n'est pas finit, car ils vont laisser leur chambre libre dans deux semaines, alors que moi je cherche justement une nouvelle chambre à Guadalajara quand j'y retournerais dans un mois! Berf, merci le hasard.
2- Le chauffeur de Taxi qui m'a amené à la frontière est un sympathique bonhomme de 39 ans, qui n'est jamais sorti de Chiapas. En faisant la correspondance avec notre espérance de vie, c'est comme si un Lyonnais de 45 ans n'était encore jamais sorti de Rhône-alpes. Rien d'inquiétant pour une seule personne, mais il faut dire que le parcours de vie de ce "taxista" est représentatif de la majorité des mexicains.
Je vais tout de même compenser l'exemple en parlant de mon chauffeur précédent: lui a le même âge mais il a déja exercé son métier dans pas moins de 8 états différents du Mexique!
3- A la frontière j'ai croisé un américain avec qui j'ai partagé le taxi. Il m'a bien aidé à m'orienter, parce qu'il a passé les 15 premières années de sa vie au Guatemala. Il vit maintenant au Kentuky, et il est de passage par là pour voir de la famille.
4- Dans le camion pour la capitale j'ai enfin croisé un autre type de voyageur: un jeune du Honduras (frontière sud du Guatemala) d'entre 20 et 25 ans qui n'a pas de passeport, et donc encore moins de visa. Celà ne l'a pas empêché il y a quelques années de passer en douce au Mexique, et d'arriver enfin aux Etats-Unis! Il a d'ailleurs encore les cicatrices de la clôture barbelée de la frontière sur les mains. Le problème est que là bas il s'est fait attraper. Les Américains l'ont enfermé 6 mois (m'a-t-il dit) avant de le renvoyer au Honduras. Pourquoi était-il dans le même bus que moi? Il allait simplement à la plage du pacifique avec sa femme, qui est enceinte. Je note pour finir qu'il avait dans ses affaires un billet de 20 Yenns chinois, et j'ai pas compris d'où ils sortaient.

Voilou. Je rejoindrai demain matin La Antigua où une famille m'attend déja pour me loger. Le vonlontariat commence lundi...